
Savez-vous que des millions de contribuables français laissent de l’argent sur la table chaque année par manque d’information ?
En effet, alors que l’abattement forfaitaire de 10 % s’applique automatiquement à tous les salariés, il existe souvent une alternative plus avantageuse, à savoir les frais réels.
A travers cet article, nous allons découvrir en quoi consistent les frais réels et comment en profiter afin d’optimiser vos impôts.
Les frais réels représentent l’ensemble des dépenses professionnelles engagées par un salarié pour exercer son activité, déductibles de son revenu imposable lorsqu’elles excèdent l’abattement forfaitaire de 10 %. Cette option fiscale permet de réduire son impôt sur le revenu en justifiant précisément les coûts liés au travail, notamment les transports, les repas, les équipements, etc. ; mais exige une conservation rigoureuse des justificatifs pendant trois ans en cas de contrôle fiscal.
Les frais réels constituent un mécanisme fiscal français à travers lequel les contribuables déduisent de leur revenu brut les dépenses effectivement supportées pour exercer leur profession.
Contrairement à l’abattement forfaitaire de 10 % automatiquement appliqué par l’administration fiscale dans la limite de 14 426 €, les frais réels exigent du contribuable qu’il justifie chaque dépense par des documents probants.
Le principe est simple : si le total de vos dépenses professionnelles réelles dépasse le montant de l’abattement forfaitaire, il devient avantageux de choisir cette option.
Pour illustrer cela, prenons un exemple simple. Un salarié qui perçoit 40 000 € de salaire brut bénéficie automatiquement d’un abattement de 4 000 € (10 %). S’il a engagé 6 200 € de frais professionnels justifiés, opter pour les frais réels lui permettra de déduire 2 200 € supplémentaires, ce qui réduit ainsi sa base imposable.
La déduction des frais réels reste très minoritaire parmi les salariés imposés, la grande majorité bénéficient automatiquement de l’abattement forfaitaire de 10 % sur leurs traitements et salaires
Source : impots.gouv.fr et Bofip.
Avant de plonger dans le détail des dépenses déductibles, il est essentiel de comprendre pourquoi ce choix conditionne votre imposition.

L’option s’avère pertinente dans plusieurs configurations professionnelles :
Voyons un exemple concret :
Marie, commerciale à Lyon, parcourt 45 km quotidiens, soit 22 500 km/an. Avec le barème kilométrique 2024 qui estime à 0,665 €/km jusqu’à 5 000 km, puis dégressif, ses frais s’élèvent à environ 8 900 €. Sur un salaire de 45 000 €, l’abattement forfaitaire ne lui offrirait que 4 500 € de déduction. En optant pour les frais réels, elle économise potentiellement plus de 1 000 € d’impôts.
L’administration fiscale reconnaît plusieurs catégories de dépenses professionnelles, qui sont entre autre :
Depuis la généralisation du télétravail post-crise sanitaire, l’administration admet désormais :
Toutefois, toutes ces dépenses doivent être exclusivement ou principalement liées à l’activité professionnelle et non remboursées par l’employeur. Un remboursement partiel réduit d’autant le montant déductible.
La procédure pour déclarer vos frais réels reste accessible si vous suivez quelques étapes clés. Depuis la généralisation de la déclaration en ligne via impots.gouv.fr, le processus s’est considérablement simplifié, à condition de connaître les bonnes cases à remplir.
Avant même d’ouvrir votre déclaration, assurez-vous de disposer de tous vos documents probants. L’administration fiscale peut demander des justificatifs jusqu’à trois ans après votre déclaration et six ans en cas de soupçon de fraude.
Conservez numériquement ou physiquement :
Utilisez le simulateur officiel des impôts ou un tableur pour additionner toutes vos dépenses déductibles. Pour les frais kilométriques, appliquez le barème 2024 publié au BOFIP :
Bon à savoir : Le barème kilométrique 2025 sera publié en avril 2026. Pour votre déclaration de mai 2026, utilisez impérativement le barème en vigueur cette année-là.
Lors de votre déclaration en ligne :
Par ailleurs, ne confondez pas les frais réels déductibles du revenu brut, avec les crédits d’impôt comme celui pour l’emploi à domicile. Ce sont deux mécanismes fiscaux distincts qui peuvent se cumuler.
En cas de contrôle fiscal, voici les documents que vous devrez impérativement présenter :
Attention au piège : Les notes de frais remboursées par votre employeur ne sont pas déductibles. Seule la partie non remboursée peut être déclarée. Exemple : un repas professionnel remboursé à hauteur de 8 € sur 18 € permet de déduire 4,80 € (18 € – 8 € – 5,20 € de forfait).
Il s’agit entre autre :
Économie d’impôt potentiellement significative : jusqu’à plusieurs centaines, voire milliers d’euros pour les profils mobiles ou frontaliers
Précision fiscale : vous ne payez d’impôts que sur votre revenu net réellement disponible
Adaptabilité : chaque année, vous pouvez choisir l’option la plus avantageuse (pas d’engagement pluriannuel)
Reconnaissance des contraintes professionnelles : l’administration valorise les efforts des salariés ayant des coûts professionnels élevés
Il s’agit de :
Charge administrative : comptabilisation minutieuse et conservation des justificatifs
Risque de redressement : en cas de justificatifs insuffisants ou de calculs approximatifs
Complexité pour les couples : chaque conjoint doit calculer séparément ses frais réels
Seuil de rentabilité : pour de nombreux salariés sédentaires, l’abattement forfaitaire reste plus simple et parfois plus avantageux.
En définitive, les frais réels représentent une opportunité légitime d’optimisation fiscale pour des millions de salariés français. Lorsque vous comprenez ses règles, vous transformez des coûts contraints en économies concrètes.
Et surtout, retenez que l’administration fiscale ne pénalise pas les contribuables organisés. Au contraire, elle encourage la transparence et la rigueur. Si vos frais réels sont justifiés, documentés et raisonnables, vous avez tout à gagner à les déclarer.
Les frais réels comprennent toutes les dépenses professionnelles non remboursées par l’employeur, notamment :
Seules les dépenses nécessaires à l’exercice de la profession sont admises.
Comparez le montant total de vos dépenses justifiées avec l’abattement forfaitaire de 10 % plafonné à 14 426 €. Si vos frais réels dépassent ce seuil, l’option est avantageuse. Utilisez le simulateur officiel des impôts ou un outil comme celui proposé par la DGFiP pour tester rapidement votre cas.
Oui, si :
Il n’existe pas de formule unique, car chaque catégorie de dépense a ses propres règles :