Qu’est-ce qu’un ATS et comment l’utiliser efficacement dans le recrutement ?

Yetongnon
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Aujourd’hui, le recrutement n’a plus grand-chose à voir avec ce qu’il était il y a vingt ans ni même il y a cinq ans. 

Les entreprises sont submergées de candidatures (plus de 250 CV en moyenne par offre selon certaines études), les talents sont rares sur des métiers stratégiques et les candidats, devenus « consommateurs », attendent une expérience rapide et personnalisée. 

Dans ce contexte, les recruteurs ne peuvent plus se contenter de tableurs Excel et de dossiers Outlook pour gérer leurs processus. C’est là qu’intervient l’ATS, l’Applicant Tracking System, ou système de suivi des candidatures.

Mais qu’est-ce qu’un ATS exactement ? À quoi sert-il ? Et surtout, comment l’utiliser de façon optimale pour améliorer l’efficacité du recrutement sans perdre l’humain de vue ? 

Cet article a pour objectif de répondre à ces questions de manière claire, pratique et accessible, que vous soyez DRH, recruteur interne, RH en startup ou responsable de recrutement en agence.


Qu’est-ce qu’un ATS ? 

Un ATS (Applicant Tracking System) est un logiciel conçu pour centraliser, automatiser et suivre l’ensemble du processus de recrutement, depuis la publication d’une offre d’emploi jusqu’à l’embauche du candidat retenu. 

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Il agit comme le « cockpit » du recruteur, c’est-à-dire un espace unique où toutes les candidatures reçues sont stockées, triées, évaluées et gérées.

Concrètement, imaginez que vous publiez une offre pour un poste de développeur back-end. En quelques jours, vous recevez 180 candidatures. Sans outil, vous passez des heures à les trier manuellement, à relancer les candidats, à coordonner les entretiens entre plusieurs managers… 

Avec un ATS, ces tâches sont automatisées ou fortement simplifiées. Le logiciel extrait automatiquement les informations clés des CV (nom, expérience, compétences techniques…), classe les profils selon des critères définis, envoie des emails de confirmation ou de relance, et permet à toute l’équipe recrutement de collaborer en temps réel.

L’objectif principal d’un ATS n’est donc pas de remplacer le recruteur, mais de lui faire gagner du temps sur les tâches répétitives, afin qu’il puisse se concentrer sur ce qui compte vraiment : 

  • Évaluer les soft skills ;
  • Créer du lien avec les candidats ;
  • Et prendre des décisions éclairées.

À noter : Un ATS ne doit pas être confondu avec un HRIS (Système d’Information Ressources Humaines), qui gère la vie entière du collaborateur (paie, absence, formation…), ni avec un CRM recrutement, davantage orienté « sourcing proactif » et gestion de la marque employeur. L’ATS, lui, est centré sur le processus de recrutement actif.


Pourquoi adopter un ATS aujourd’hui ? Les avantages concrets

Les bénéfices d’un ATS ne sont plus à démontrer, à condition de bien l’utiliser. Voici les principaux gains que les entreprises constatent après son déploiement :

Gains de productivité significatifs

Un recruteur passe en moyenne 30 % de son temps sur des tâches administratives (tri de CV, envois d’emails, planification d’entretiens). 

Un ATS automatise une grande partie de ces actions. Par exemple, un workflow préconfiguré peut envoyer automatiquement un email de remerciement dès qu’un candidat postule, ou relancer un manager qui n’a pas encore donné son feedback après un entretien.

Meilleure expérience candidat

Contre toute attente, un bon ATS améliore l’expérience candidat. Finis les « trous noirs » après une candidature : les candidats reçoivent des mises à jour régulières, savent à quelle étape ils en sont, et bénéficient souvent d’un espace candidat personnalisé. Cela renforce la perception de professionnalisme de l’entreprise, même pour les profils non retenus.

Traçabilité et conformité renforcées

En période de RGPD et de risques juridiques croissants (discrimination, biais inconscients…), un ATS permet de documenter chaque étape du processus de recrutement. 

Qui a vu quel CV ? Quand a été prise la décision ? Pourquoi ce candidat a été écarté ? Autant de questions auxquelles l’ATS apporte une réponse claire et auditable.

Décisions basées sur les données

Grâce aux tableaux de bord intégrés, vous pouvez mesurer des indicateurs clés : temps moyen de recrutement, coût par embauche, canal de sourcing le plus performant, taux d’acceptation des offres… Ces données permettent d’ajuster en continu votre stratégie de recrutement.

Scalabilité

Que vous recrutiez 5 ou 500 personnes par an, un ATS s’adapte à votre volume. C’est un atout majeur pour les startups en croissance rapide ou les groupes qui recrutent à l’international.


Quelles sont les fonctionnalités clés à connaître ?

Tous les ATS ne se ressemblent pas, mais certains modules de base sont aujourd’hui considérés comme essentiels :

  • Multidiffusion d’offres : publiez votre offre simultanément sur votre site carrière, LinkedIn, Indeed, Apec, etc., depuis une seule interface.
  • Parsing de CV : le logiciel lit et structure automatiquement les CV reçus, même en format PDF ou Word.
  • Gestion du pipeline candidat : visualisez tous vos candidats dans un tableau type « Kanban », avec des colonnes comme « À relire », « Entretien RH », « Test technique », « Offre envoyée », etc.
  • Automatisations de communication : programmez des séquences d’emails ou de SMS personnalisés selon l’étape du processus.
  • Planification d’entretiens : synchronisation avec les agendas (Google Calendar, Outlook) pour éviter les allers-retours par email.
  • Collaboration interne : commentaires partagés, notes d’évaluation, permissions par rôle (RH, manager, recruteur externe…).
  • Base de talents (talent pool) : conservez les profils non retenus aujourd’hui, mais potentiellement intéressants demain, et relancez-les automatiquement pour de futures opportunités.

Certains ATS de nouvelle génération intègrent aussi des fonctionnalités IA :

  • Matching sémantique (au-delà des mots-clés) ;
  • Pré-screening vidéo automatisé ;
  • Ou même analyse prédictive de la « qualité d’embauche ».

Mais attention : Ces outils puissants ne sont efficaces que si le processus métier est bien défini en amont et si les utilisateurs sont formés.


Quelles sont limites et risques à ne pas ignorer ?

Si un ATS bien utilisé est un atout précieux, il n’est pas exempt de pièges. L’un des principaux écueils réside dans l’automatisation aveugle. 

Un algorithme ne comprend pas le contexte humain : un candidat ayant changé plusieurs fois de métier, un CV rédigé de façon créative, ou une expérience acquise en freelance peut être injustement écarté par un système trop rigide. 

Pire encore, si les mots-clés recherchés sont mal définis, des profils qualifiés peuvent ne jamais atteindre le recruteur.

Ce phénomène s’inscrit dans une problématique plus large : le biais algorithmique. Un ATS apprend souvent à partir des données historiques de recrutement. 

Si, par le passé, vous avez systématiquement recruté des hommes diplômés d’une même école, l’algorithme aura tendance à reproduire ce schéma, même en l’absence de toute intention discriminatoire. 

C’est pourquoi il est essentiel de surveiller régulièrement les résultats de filtrage, d’auditer les critères de tri, et de conserver une touche d’intervention humaine, notamment sur les profils « borderline ».

Autre risque souvent sous-estimé : l’expérience candidat dégradée. Un rejet automatique sans explication, un message générique envoyé à 3 heures du matin, ou pire, un silence radio total, peuvent nuire durablement à la marque employeur. 

Rappelons qu’un candidat rejeté peut devenir un client, un partenaire, voire un futur collaborateur dans deux ans. L’ATS doit donc rester un outil au service de l’humain, et non l’inverse.

Enfin, les entreprises doivent se méfier des coûts cachés. Le prix affiché en catalogue n’inclut souvent ni la migration des anciennes données, ni les heures de formation, ni les coûts d’intégration avec d’autres outils (SIRH, outils de communication, plateformes de testing). 

De plus, certaines solutions verrouillent leurs utilisateurs via des formats propriétaires ou des API limitées, rendant difficile toute future migration. 

C’est pourquoi choisir un ATS ne se résume pas à une démonstration flashy, il s’agit d’un investissement stratégique à long terme.


Comment choisir le bon ATS ?

Avant de comparer des fonctionnalités ou des tarifs, posez-vous la question suivante : quels sont mes besoins réels en recrutement ? 

Un cabinet de chasse de tête n’aura pas les mêmes exigences qu’une PME qui recrute occasionnellement, ni qu’un groupe multinational avec des processus complexes et multilingues.

Voici une grille de lecture simple pour cadrer votre recherche :

  • Volume de recrutement : moins de 20 recrutements/an ? Un outil léger et économique suffira. Plus de 100 ? Priorisez la scalabilité et l’automatisation avancée.
  • Type de recrutement : majoritairement interne (mobilité, successions) ? Externe ? Mix ? Certains ATS excellent dans la gestion des talents internes, d’autres dans le sourcing actif.
  • Complexité des processus : avez-vous besoin de workflows multi-étapes, d’évaluations techniques intégrées, ou de validations hiérarchiques poussées ?
  • Écosystème existant : votre ATS devra-t-il s’intégrer à votre SIRH (comme SAP, Workday ou Silae), à vos outils de communication (Slack, Teams), ou à des plateformes d’évaluation (TestGorilla, Codility) ?
  • Taille et compétences de l’équipe RH : un outil trop technique peut freiner l’adoption. Privilégiez une interface intuitive, une documentation claire et un support réactif.

Au-delà de ces critères métiers, examinez attentivement les aspects techniques :

  • Hébergement : la majorité des ATS modernes sont en cloud (SaaS), ce qui garantit mises à jour automatiques et accès depuis n’importe où. Évitez les solutions « on-premise » sauf contrainte réglementaire forte.
  • Interopérabilité : assurez-vous que l’outil propose des API ouvertes et des connecteurs natifs avec les plateformes que vous utilisez déjà.
  • Conformité RGPD : l’éditeur doit fournir une documentation claire sur le stockage des données, les durées de conservation, et les droits des personnes concernées.

Un bon moyen de valider votre choix ? Demander une phase pilote (ou POC – Proof of Concept). Plutôt que de vous fier à une démo théorique, testez l’outil avec vos propres données, vos offres réelles et vos collaborateurs. 

Mesurez la facilité d’utilisation, la rapidité de prise en main, et la qualité du support. N’hésitez pas à solliciter des références clients dans des secteurs ou tailles similaires à la vôtre.


Comment déployer un ATS ?

Adopter un ATS n’est pas qu’une décision technique — c’est un projet organisationnel. Pour maximiser les chances de succès, suivez cette feuille de route en sept étapes :

  1. Diagnostic du processus actuel
    Cartographiez votre parcours candidat actuel : combien d’étapes ? Quels outils utilisez-vous aujourd’hui ? Quels sont les goulots d’étranglement ? Identifiez 3 à 5 KPIs que vous souhaitez améliorer (ex. : réduire le time-to-hire de 20 %).
  2. Implication des parties prenantes
    Le succès dépend de l’adhésion de tous : RH, recruteurs, managers métiers, IT, voire juridique (pour la conformité). Impliquez-les dès la phase de sélection.
  3. Phase pilote ciblée
    Démarrez sur un périmètre restreint : un seul département, un type de poste ou une marque employeur. Cela limite les risques et permet d’ajuster avant un déploiement global.
  4. Paramétrage et intégrations
    Configurez les workflows, les modèles d’email, les statuts candidats, les permissions… et connectez l’ATS à vos outils existants (calendrier, jobboards, SIRH). C’est ici que la qualité du support technique joue un rôle clé.
  5. Migration des données
    Nettoyez vos anciennes bases (CV, candidatures archivées) avant de les importer. Un CV mal formaté ou une donnée obsolète peut nuire à la qualité des recherches futures.
  6. Formation et conduite du changement
    Former ne suffit pas : accompagnez. Nommez des ambassadeurs dans chaque équipe, créez des fiches mémo, et prévoyez des temps de feedback réguliers. L’objectif : que l’ATS soit perçu comme un allié, pas une contrainte.
  7. Déploiement progressif et amélioration continue
    Après le lancement, suivez les indicateurs définis en amont. Ajustez les workflows, enrichissez les templates, segmentez mieux la base de talents. Un ATS bien utilisé s’améliore en continu.

Quelles bonnes pratiques d’utilisation de l’ATS ?

Adopter un ATS est une chose ; l’exploiter à plein potentiel en est une autre. Voici cinq bonnes pratiques clés pour maximiser la valeur de votre outil au quotidien :

Structurer clairement vos pipelines et statuts

Évitez les colonnes génériques comme « En cours » ou « À voir ». Privilégiez des statuts précis et alignés avec votre processus réel : « Test technique envoyé », « Entretien technique en attente feedback », « Offre acceptée pré-embauche en cours ». Cela facilite le suivi, réduit les erreurs et permet des analyses fiables.

Rédiger des offres optimisées pour l’ATS

Même si l’offre est lue par des humains, elle doit aussi parler le langage de l’algorithme. Utilisez des mots-clés métier précis (ex. : « Python », « gestion de projet Agile », « SAP S/4HANA ») plutôt que des formulations vagues (« esprit d’équipe », « dynamique »). 

Structurez le texte avec des titres clairs (« Missions », « Profil recherché », « Avantages ») : cela améliore à la fois le référencement sur les jobboards et le parsing par l’ATS.

Utiliser les automatisations avec empathie

Un email automatique n’a pas à être froid. Personnalisez les messages avec le prénom du candidat, le titre du poste, et même une phrase sur l’équipe concernée. Pour les rejets, allez au-delà du « Merci pour votre candidature, nous gardons votre CV dans nos archives ». 

Offrez une explication courte mais constructive quand c’est possible : « Votre expérience backend est solide, mais nous recherchons actuellement un profil full-stack avec une forte appétence front-end ». Cela prend 30 secondes de plus, mais crée un impact durable sur la perception de votre marque.

Entretenir et segmenter votre base de talents

Ne laissez pas votre talent pool se transformer en cimetière de CV. Créez des segments pertinents : « Développeurs React, Paris », « Chefs de projet digital – bilingues », « Cadres commerciaux – secteur santé ».

Utilisez les tags ou listes dynamiques proposés par votre ATS pour cibler vos relances. Relancez régulièrement avec des contenus pertinents (offres, webinaires, événements), pas seulement des relances de poste.

Mesurer, analyser, ajuster

Chaque mois, consultez vos KPIs :

  • Time-to-hire : Est-il en baisse ?
  • Source de candidatures : quel canal rapporte les meilleurs profils ?
  • Taux d’acceptation d’offre : vos candidats choisissent-ils vraiment de venir chez vous ?
  • Taux de réengagement : vos relances dans la base talent donnent-elles des résultats ?

Ces données doivent alimenter votre stratégie, pas rester dans un tableau de bord statique.


Comment optimiser les candidatures pour un ATS ?

Même s’il s’adresse principalement aux recruteurs, un bon article sur l’ATS ne peut ignorer une réalité simple : les candidats ne savent souvent pas comment leurs CV sont traités. 

Or, les RH ont tout intérêt à accompagner, voire éduquer leurs candidats, cela améliore la qualité des candidatures reçues.

Voici trois conseils à transmettre aux candidats (ou à intégrer dans une FAQ sur votre site carrière) :

  1. Utilisez un format simple et lisible : Un CV en Word ou PDF texte (pas image) avec une structure claire (expérience, formation, compétences). Évitez les colonnes, les graphiques, les polices fantaisistes, cela perturbe le parsing.
  2. Intégrez les mots-clés du poste : Si l’offre mentionne « gestion de budget » et « outil SAP », assurez-vous que ces termes apparaissent dans votre CV, idéalement dans les titres ou descriptions.
  3. Nommez vos fichiers intelligemment : « cv_martin_dubois_dev_java.pdf » est bien plus utile que « MonCV_final_v2.pdf ».

Les recruteurs, quant à eux, doivent expliquer leur processus : « Vos candidatures sont traitées via un système automatisé, puis relues par un recruteur humain », « Vous recevrez une réponse sous 10 jours ouvrés », etc. La transparence construit la confiance, même en présence d’un algorithme.


FAQ : Réponses courtes aux questions fréquentes

Un ATS remplace-t-il un recruteur ?

Non. Il automatise les tâches répétitives, mais ne juge pas la pertinence culturelle, l’intelligence émotionnelle ou la motivation profonde. Le recruteur reste central.

Un ATS est-il compatible RGPD ?

La majorité des solutions modernes le sont, mais vérifiez toujours la localisation des serveurs, les durées de conservation et les modalités de suppression des données.

Peut-on intégrer l’ATS au SIRH existant ?

Oui, à condition que les deux systèmes disposent d’API ouverts. Demandez une démo d’intégration lors de la sélection.

L’ATS élimine-t-il le biais humain ?

Pas nécessairement. Un algorithme entraîné sur des données biaisées reproduit, voire amplifie ces biais. La vigilance humaine reste indispensable.


Conclusion 

L’ATS est un levier stratégique à condition d’être choisi avec rigueur, déployé avec méthode, et utilisé avec bon sens. Il permet de gagner un temps précieux, de recruter plus vite et mieux, et d’offrir une expérience candidat digne de votre marque.

Mais son vrai succès ne se mesure pas seulement en KPIs ou en ROI. Il se mesure à la qualité des conversations humaines qu’il libère : plus de temps pour écouter, comprendre, convaincre. 

Rappelons toutefois que tout ne limite pas au recrutement du personnel, il faut aussi mettre en place une plateforme de récompense qui motive vos collaborateurs. 

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Écrit par Yetongnon
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