
La prime d’ancienneté est un avantage souvent méconnu mais précieux pour les salariés fidèles à leur entreprise. En cette année, avec l’évolution des salaires minimaux et des conventions collectives, ce sujet reste d’actualité pour des millions de salariés en France.
En effet, après des années de loyauté, voir son bulletin de paie s’étoffer d’un montant supplémentaire fait toujours plaisir.
Cependant, contrairement à ce que l’on pourrait penser, la prime d’ancienneté n’est pas un droit universel inscrit dans le Code du travail. Elle dépend essentiellement de votre convention collective nationale (CCN), qui fixe les règles du jeu selon votre secteur d’activité.
À travers cet article, découvrez qui y a droit, comment elle se calcule et pourquoi elle varie d’un métier à l’autre.
La prime d’ancienneté, c’est quoi au juste ? C’est un complément de salaire versé pour récompenser la fidélité d’un employé. Mais soyons clairs dès le départ : elle n’est pas obligatoire pour tous.
Le Code du travail ne l’impose pas ; c’est votre convention collective qui décide si elle existe, et sous quelle forme. Si votre entreprise n’est pas couverte par une CCN qui la prévoit, ou si un accord d’entreprise la remplace par autre chose, vous pourriez passer à côté.
La prime d’ancienneté n’est pas un droit automatique pour tous les salariés. Elle est due uniquement si :
En revanche, si aucun de ces textes ne la mentionne, l’employeur n’a aucune obligation de la verser, même si vous avez 20 ans d’ancienneté.
Lorsqu’elle existe, elle est généralement liée à une durée minimale d’ancienneté dans l’entreprise (souvent 1, 2 ou 3 ans). Passé ce seuil, le salarié entre dans la « grille » de la prime, qui peut évoluer par paliers (tous les 2, 3 ou 5 ans).
💡 À noter : L’ancienneté prend en compte la totalité du temps passé dans l’entreprise, à condition que le contrat n’ait pas été rompu de manière définitive. Les absences rémunérées (congés, maladie courte durée, etc.) sont également prises en compte. En revanche, les périodes non rémunérées (arrêt longue maladie non indemnisé, congé parental non rémunéré, etc.) peuvent suspendre le décompte selon les textes applicables.
La prime peut prendre plusieurs visages, selon ce que prévoit votre convention :
Dans des secteurs comme la coiffure ou l’industrie, c’est souvent un pourcentage ; dans le BTP, ça peut être forfaitaire. L’idée est d’adapter à la réalité économique du secteur.
Pas de règle unique ici non plus. La prime est généralement intégrée mensuellement à votre salaire, pour une simplicité administrative. Mais certaines CCN optent pour un versement annuel, comme une gratification de fin d’année, ou même cumulée sur plusieurs mois.
Voici un point important : la prime d’ancienneté s’ajoute au salaire de base, mais elle doit respecter les minima. Par exemple, si votre salaire de base est au SMIC (estimé autour de 1 800-1 900 € brut en 2026, en attendant les annonces officielles), la prime vient en plus, sans pouvoir être absorbée par une augmentation du SMIC. De même, pour le salaire minimum conventionnel : si votre CCN fixe un SMC à 2 000 €, la prime s’applique dessus.
Elle interagit aussi avec d’autres éléments : primes de panier, heures sup, ou même indemnités de licenciement (où l’ancienneté compte double parfois). Fiscalement, elle est soumise aux cotisations sociales et à l’impôt sur le revenu, comme tout salaire.
Même si chaque convention collective a ses particularités, il y a des méthodes récurrentes que l’on retrouve dans la majorité des cas. On va les décortiquer ensemble, de façon simple et pratique, pour que vous puissiez l’appliquer à votre situation.

Source : convention.fr
Il existe principalement deux grandes familles de calcul :
C’est la plus répandue, surtout dans le commerce, la coiffure ou les services.
Formule de base : Prime mensuelle = Salaire de base × Taux d’ancienneté (%)
Le taux augmente souvent par paliers : par exemple, 3 % après 3 ans, 6 % après 6 ans, 9 % après 9 ans, jusqu’à un plafond (souvent 15 % après 15 ans). La base de calcul varie selon :
Plus rare, mais présente dans certains secteurs comme la métallurgie ou l’immobilier.
Formule : Prime = Nombre de points d’ancienneté × Valeur du point (€)
Dans la métallurgie (CCN IDCC 3248), par exemple, à partir de 3 ans, les non-cadres accumulent des points (progressifs jusqu’à un plafond vers 15-20 ans) et la valeur du point est négociée territorialement (autour de 5 à 5,80 € en 2025-2026 selon les régions). Ou alors, un montant fixe par échelon : 50 € après 5 ans, 100 € après 10 ans, etc.
Dans tous les cas, la prime est généralement versée mensuellement, brute et soumise aux cotisations sociales et à l’impôt comme le salaire.
L’ancienneté ne s’arrête pas à chaque pause café, mais certaines absences peuvent l’impacter. Voici les règles générales (à vérifier dans votre CCN, car il y a des exceptions) :
Astuce : En cas de doute, demandez un relevé d’ancienneté à vos RH !
Prenons un cas concret et pédagogique, inspiré d’une convention courante comme celle du commerce de détail non alimentaire (IDCC 1517 ou similaire), où la prime est en pourcentage progressif.

Source : convention.fr
Hypothèses réalistes pour 2026 :
Étape 1 : Déterminer le taux applicable
Avec 7 ans, on est dans la tranche « après 6 ans » → taux de 6 %.
Étape 2 : Identifier la base de calcul
Salaire de base brut : 2 000 €.
Étape 3 : Appliquer la formule
Prime mensuelle = 2 000 € × 6 % = 120 € brut.
Étape 4 : Vérifier l’impact annuel
120 € × 12 mois = 1 440 € brut supplémentaires par an.
Sur 13 mois (si 13e mois prévu) ou avec congés payés, ça grimpe encore !
Étape 5 : Contrôles finaux
Vous voyez ? En 5 étapes, c’est fait. Et si votre convention utilise un forfait, remplacez simplement le pourcentage par le montant fixe.
Pour vous aider à visualiser l’impact de la prime d’ancienneté, voici un tableau récapitulatif indicatif pour 2026. Attention : ces chiffres sont pédagogiques et génériques, inspirés des grilles les plus courantes (comme celle du commerce de détail non alimentaire, IDCC 1517 ou similaires, avec des taux progressifs à 3 %, 6 %, 9 %, 12 % et 15 %).
Ils ne remplacent en aucun cas les dispositions précises de votre convention collective. Les taux, les paliers et la base de calcul varient énormément d’une branche à l’autre.
En 2026, le SMIC brut mensuel (base 35 heures) est fixé à 1 823,03 € (revalorisation de +1,18 % au 1er janvier). Nous avons donc préparé deux variantes pour plus de réalisme :

Notes importantes sur ce tableau :
Ce tableau vous donne une idée rapide de l’enjeu : pour un salarié à 2 000 € brut avec 15 ans d’ancienneté, ça représente jusqu’à 300 € de plus par mois, soit près de 3 600 € brut par an, un complément qui est non négligeable.
Maintenant qu’on a le tableau indicatif sous les yeux, passons à des exemples plus concrets et personnalisés. On va zoomer sur quatre situations typiques : 3 ans, 5 ans, 10 ans et 20 ans d’ancienneté.
Pour que ce soit cohérent et réaliste, on garde les mêmes hypothèses que précédemment :
Hypothèses communes pour tous les exemples (2026) :
Prêts ? Allons-y cas par cas.
Imaginons Marie, embauchée le 1er janvier 2023. En janvier 2026, elle atteint exactement 3 ans.
Pour Marie, c’est le début de la récompense : un petit coup de pouce qui s’ajoute directement au salaire et qui motive à rester !
Prenons maintenant Ahmed, embauché en mars 2021. En mars 2026, il fête ses 5 ans.
Attention : Dans certaines conventions, le taux augmente plus vite (ex. : +1 % par an). Ici, on reste stable jusqu’à 6 ans. Ahmed voit sa fidélité récompensée, mais il sait que dans un an, ça va grimper.
Sophie est une fidèle : embauchée en février 2016, elle atteint 10 ans en février 2026.
Pour Sophie, c’est significatif : presque un demi-salaire supplémentaire sur l’année ! Ça compense largement les années d’expérience et de loyauté.
Enfin, Patrick, le vétéran : embauché en 2006, il a largement dépassé les 15 ans en 2026.
Pour Patrick, la prime représente 15 % de son salaire de base : un vrai matelas financier qui récompense deux décennies de carrière. Sur 20 ans, ça fait des dizaines de milliers d’euros cumulés !
Ces exemples montrent bien la progression : de 0 à plusieurs centaines d’euros par mois selon les années. Bien sûr, si votre salaire est plus élevé (ex. : 3 000 €), multipliez proportionnellement. Et si votre convention est forfaitaire, les montants sont fixes, indépendants du salaire.
Quelques situations particulières peuvent affecter le calcul de la prime de l’ancienneté. Heureusement, les conventions collectives prévoient généralement des règles pour adapter la prime d’ancienneté à ces réalités.
On va passer en revue les cas les plus fréquents, avec des explications claires et des exemples pour que vous sachiez exactement à quoi vous attendre.
Si vous travaillez à mi-temps ou à 80 %, la prime d’ancienneté est proratisée en fonction de votre durée de travail. L’ancienneté, elle, continue de courir normalement (basée sur la durée du contrat, pas sur les heures effectuées).
C’est une question classique quand on change d’entreprise :
Astuce : Lors d’une négociation d’embauche, demandez explicitement si l’ancienneté sera reprise, ça peut se monnayer !
Certaines entreprises (parfois illégalement) « absorbent » la prime dans le salaire global en disant « votre salaire inclut déjà l’ancienneté ». Mais attention :
Et voilà, on arrive au bout de ce guide pratique sur la prime d’ancienneté. Il faut retenir :
Merci d’avoir lu jusqu’au bout. Si cet article vous a été utile, partagez-le autour de vous, car beaucoup de collègues ignorent encore leurs droits.