
Un médecin ne rédige pas une ordonnance dès qu’un patient franchit la porte de son cabinet. Il commence par poser des questions, observer les symptômes et effectuer des examens pour comprendre la cause profonde du problème. Ce n’est qu’ensuite qu’il décide du traitement, car même la bonne solution appliquée aux bons symptômes ne mène pas nécessairement à la guérison si le diagnostic est erroné.
Les écarts de performance fonctionnent de la même manière. L’écart constitue le diagnostic. Les objectifs de développement professionnel sont la réponse. Lorsque vous sautez l’étape du diagnostic, vos objectifs reposent sur des suppositions plutôt que sur de véritables solutions.
Trop souvent, les organisations passent directement à la définition d’objectifs de développement sans chercher à comprendre clairement ce qui freine réellement la performance. Le résultat : des efforts sans direction et des améliorations sans réel impact.
Dans cet article, nous allons explorer une méthode plus structurée pour identifier les écarts de performance et les transformer en objectifs de développement clairs et concrets, soutenus par un système qui permet de suivre les progrès et de maintenir l’alignement tout au long de l’année.
Un écart de performance correspond à la distance entre le niveau de performance actuel d’une personne et celui que son rôle exige d’elle. Imaginez-le comme Google Maps : il vous guide vers la destination que vous devez atteindre.
Les écarts de performance peuvent se manifester de différentes façons :
Ce que tous ces écarts ont en commun, c’est qu’ils sont des symptômes. Ils révèlent un domaine sous-jacent lié aux compétences, aux comportements ou aux connaissances qui n’a pas encore été suffisamment développé. Et c’est précisément là que les objectifs de développement professionnel entrent en jeu.
L’erreur que commettent la plupart des managers consiste à formuler l’objectif autour du symptôme plutôt que de traiter la cause profonde. L’objectif est de faire progresser la personne.
Voici quelques questions clés à poser dans le cadre du développement professionnel :
1. Dans quel aspect de votre rôle actuel vous sentez-vous le moins à l’aise ?
Les réponses à cette question permettent de révéler des lacunes en matière de connaissances que les seules données de performance ne permettraient jamais d’identifier.
Elle fait passer la conversation de « voici ce que vous faites mal » à « voici où vous pourriez progresser ».
2. Quelles tâches avez-vous tendance à éviter ou à repousser régulièrement ?
L’évitement est un comportement récurrent auquel il faut prêter attention. Cette question permet de déterminer si l’écart de performance trouve son origine dans les compétences (la personne ne sait pas comment faire), la confiance (elle ne croit pas en sa capacité à le faire) ou la clarté (elle ne sait pas ce qui est attendu d’elle).
3. Qu’est-ce qui vous permettrait d’être meilleur dans la partie la plus importante de votre travail ?
C’est une question particulièrement puissante, car elle invite le collaborateur à réfléchir comme un acteur de sa propre évolution professionnelle. Sa réponse vous en dit beaucoup sur son niveau de connaissance de soi et sur l’endroit où l’objectif de développement professionnel devrait réellement être ancré.
4. Quels retours vous ont été faits à plusieurs reprises, et qu’en avez-vous fait ?
Des retours récurrents constituent un signal fort : ils révèlent un domaine de développement qui n’a pas encore été traité. Cette question permet de faire le lien entre les feedbacks précédents et les futurs objectifs de développement professionnel.
5. Quelles compétences les personnes occupant le poste juste au-dessus du vôtre démontrent-elles régulièrement et que vous êtes encore en train de développer ?
Cette question aide les collaborateurs à envisager leur développement sous l’angle de leur évolution de carrière. Elle stimule naturellement leur ambition tout en ancrant l’objectif de développement professionnel dans quelque chose de concret et d’observable.
Ces questions de développement professionnel ne vous apportent pas seulement des données ; elles contribuent aussi à instaurer la confiance.
Voici la différence entre un objectif qui favorise réellement la progression et un objectif qui ne le fait pas.
Faible : « Améliorer mes compétences en leadership. »
Fort : « Diriger deux projets transverses au troisième trimestre et demander un feedback structuré aux membres de l’équipe après chacun d’eux afin d’identifier des tendances dans ma capacité à influencer sans autorité hiérarchique. »
Faible : « Mieux gérer mon temps. »
Fort : « Suivre une formation sur le time blocking avant la fin du mois et suivre mon taux hebdomadaire de réalisation des tâches pendant 60 jours afin d’identifier les moments où je manque de concentration. »
Faible : « Améliorer ma communication. »
Fort : « Animer une présentation d’équipe par mois auprès de parties prenantes non techniques en utilisant le framework SBI (Situation-Behavior-Impact), puis recueillir leur feedback sur la clarté de chaque présentation. »
Un point essentiel à retenir est que les objectifs de développement professionnel reposent sur un écart spécifique, sont liés à un comportement observable et sont mesurés à partir d’un indicateur concret, et non d’un simple ressenti.
Ils doivent également respecter le temps et la charge de travail du collaborateur. L’objectif ne doit pas ajouter une pression supplémentaire. Lorsque c’est possible, il doit être intégré au travail existant afin que le développement passe par l’action et pas uniquement par des formations.

Une fois que vous avez parcouru ces questions de développement professionnel, vous disposez d’une vision concrète de l’écart. L’étape suivante consiste à transformer cette compréhension en action.
Le framework est simple : Écart → Cause profonde → Objectif → Indicateur.
Prenons l’exemple d’un collaborateur qui reçoit régulièrement des feedbacks indiquant que ses mises à jour sont difficiles à comprendre pour les parties prenantes non techniques. Après avoir parcouru les questions de diagnostic, vous constatez que l’écart vient de sa difficulté à traduire ses connaissances en langage simple et compréhensible pour les autres.
Voici comment transformer cela en objectif de développement professionnel :
Remarquez ce que cet objectif accomplit. Il est spécifique. Il est lié à une cause profonde et pas simplement à un symptôme. Il possède une échéance et un indicateur de mesure. Il considère le collaborateur comme une personne capable de progresser, et non comme un problème à corriger.
Lorsque vous construisez vos objectifs de développement professionnel de cette manière, vous devez également prendre en compte trois niveaux de responsabilité :
Les trois doivent faire partie de la conversation.
Construire des objectifs de développement professionnel structurés pour toute votre équipe ne nécessite pas forcément de passer par des tableurs. PerkFlow aide les organisations distribuées à aligner directement le développement des collaborateurs sur les résultats de performance afin que les objectifs ne soient pas seulement définis, mais réellement exécutés.
Mettre en place un suivi régulier et simple vous apportera de meilleurs résultats qu’une session complexe de définition des objectifs. Cela permet de garder les objectifs de développement professionnel visibles et de les ajuster plus facilement avant qu’ils ne sortent complètement de leur trajectoire.
Questions à poser lors du suivi mensuel :
La dernière question mérite qu’on s’y attarde. Les rôles évoluent, les priorités changent et, parfois, un objectif qui avait du sens en janvier ne correspond plus à la réalité en avril. Réévaluer les objectifs fait partie d’un bon management.
Questions de réflexion trimestrielle :
Ces questions sont un signal de croissance. Selon le Workplace Learning Report de LinkedIn, les collaborateurs qui perçoivent un lien clair entre leur apprentissage et leurs objectifs de carrière sont nettement plus engagés et plus susceptibles de rester dans l’entreprise.

Q : À quelle fréquence les objectifs de développement professionnel doivent-ils être réévalués ?
Au minimum, chaque trimestre. Des suivis mensuels sont encore plus efficaces si votre équipe dispose du temps nécessaire. Le pire scénario est de définir un objectif, de ne plus y toucher pendant 11 mois et de ne le réexaminer qu’au moment de l’évaluation annuelle.
Q : Quelle est la différence entre un objectif de performance et un objectif de développement professionnel ?
Un objectif de performance est lié à un résultat, comme atteindre un chiffre ou terminer un projet. Un objectif de développement professionnel est lié à la progression : développer une compétence, modifier un comportement ou élargir une capacité.
Q : Combien d’objectifs de développement professionnel un collaborateur devrait-il avoir simultanément ?
Deux à trois constituent le meilleur équilibre. Au-delà, la concentration se dilue. Il vaut mieux réaliser de vrais progrès sur deux objectifs significatifs que des progrès superficiels sur cinq.
Q : Que faire lorsqu’un collaborateur ne progresse pas sur son objectif de développement ?
Revenez aux questions de développement professionnel utilisées pour établir le diagnostic. Demandez-lui ce qui le bloque. Est-ce le temps ? La clarté ? La confiance ? Les ressources ? Identifiez ce qui freine réellement sa progression.
Q : Les objectifs de développement professionnel peuvent-ils venir du collaborateur plutôt que du manager ?
Absolument ! Et ils devraient le faire. Lorsque les collaborateurs co-construisent leurs propres objectifs de développement professionnel à partir de leurs réflexions et des questions de développement professionnel que vous examinez ensemble, ils prennent beaucoup plus de responsabilité quant au résultat.
Les objectifs de développement professionnel constituent le pont entre là où se trouvent les collaborateurs aujourd’hui et là où ils doivent être demain. Mais ce pont ne fonctionne que lorsqu’il repose sur une compréhension réelle de la situation, et non sur des suppositions.
Lorsque les écarts de performance sont correctement compris, les objectifs cessent d’être de simples cibles pour devenir des actions ciblées, directement liées aux besoins réels de développement. C’est à ce moment que le développement devient intentionnel et que les progrès deviennent mesurables au fil du temps.
Le résultat est une organisation qui ne se contente pas d’améliorer ses performances à court terme, mais qui développe continuellement les capacités nécessaires pour relever les défis à venir.
Ce que vous faites de l’écart compte davantage que le simple fait de l’identifier.
PerkFlow aide les organisations à structurer ce processus en reliant les insights issus de la performance à des objectifs de développement clairs et en rendant les progrès visibles au sein des équipes, afin que la croissance reste alignée sur les besoins réels d’exécution.