Les 4 piliers de la Communication Non Violente (CNV)

Yetongnon
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Nous passons 80 % de notre temps à communiquer, et pourtant, nous avons rarement appris à le faire. Trop souvent, nos échanges ressemblent à des duels : on argumente pour avoir raison, on lance des reproches comme des flèches, ou on s'emmure dans un silence chargé de non-dits. 

En conséquence, les projets stagnent, les équipes s'épuisent et les relations s'effritent. C’est l’intérêt de la CNV, ou Communication Non Violente. Ce type de communication propose de passer d'une culture de la critique à une culture de la connexion.

À travers cet article, découvrez comment la Communication Non Violente peut améliorer la cohésion de votre équipe et booster la performance de cette dernière.


Qu’est-ce que la CNV ou la communication non verbale ? 

Créée dans les années 1960 par le psychologue américain Marshall Rosenberg, la Communication Non Violente n’est ni une méthode de manipulation douce, ni une philosophie new age. C’est avant tout un processus de communication consciente, conçu pour favoriser l’empathie, la clarté ainsi que la coopération.

Mais pourquoi parler de « piliers » ? En effet, la CNV repose sur une structure simple, mais puissante : quatre étapes interdépendantes, qui forment l’ossature d’un échange authentique.

Comme les piliers d’un pont, si l’un fait défaut, tout risque de s’effondrer. Et contrairement à ce que son nom pourrait laisser penser, la « non-violence » de la CNV ne concerne pas seulement les grands conflits, mais aussi les micro-agressions verbales, les jugements implicites, les non-dits toxiques… bref, tout ce qui, au quotidien, use les relations.

Ces quatre piliers, souvent résumés par l’acronyme OSBD, sont :

  1. Observation : Décrire ce que l’on voit ou entend, sans interprétation.
  2. Sentiments : Identifier et nommer ce que l’on ressent.
  3. Besoins : Relier ces sentiments à des besoins humains universels.
  4. Demandes : Formuler une action concrète, claire et réalisable.

Simple en théorie ? Oui. Facile à appliquer ? Pas toujours. Mais avec un peu de pratique – et surtout, de bienveillance envers soi-même, c’est un outil redoutablement efficace, que l’on soit manager, collègue, salarié, parent… ou simplement humain.

Contrairement à certaines approches communicationnelles qui se concentrent sur la « bonne façon de parler », la CNV met l’accent sur l’intention derrière les mots : sommes-nous dans une logique de jugement (« Tu es irresponsable ») ou dans une logique de connexion (« Quand je vois le rapport non rendu à l’heure, je me sens inquiet, parce que j’ai besoin de fiabilité ») ?

Et c’est précisément cette intention qui fait la différence entre un échange qui divise… et un échange qui transforme.


À qui s’adresse la CNV ? (Spoiler : à peu près tout le monde)

La Communication Non Violente n’est pas réservée aux thérapeutes, aux médiateurs ou aux adeptes du silence contemplatif. 

Elle est avant tout une compétence relationnelle, aussi utile dans un entretien d’évaluation qu’autour de la table du petit-déjeuner. En entreprise, en particulier, ses applications sont immédiates et souvent sous-estimées.

Pour les managers, la CNV est un outil de leadership au quotidien

Donner du feedback sans briser la motivation ? Gérer un conflit d’équipe sans prendre parti ? Clarifier des attentes floues ? Tout cela devient possible quand on remplace les jugements par des observations et les reproches par des besoins exprimés.

Pour les collaborateurs, c’est un moyen de se faire entendre sans agressivité

Dire « Je suis débordé » au lieu de « Tu me charges toujours tout en dernière minute » change radicalement la donne. Cela désamorce la défensive, ouvre l’espace au dialogue… et augmente les chances d’obtenir un vrai soutien.

Pour les RH et les facilitateurs, la CNV est un levier culturel

Elle permet de co-construire des cadres de dialogue respectueux, de former à l’écoute active, et de transformer les réunions souvent vécues comme des obligations en espaces de co-création.

Et au-delà du monde pro ? La CNV fonctionne tout aussi bien en couple, avec ses enfants, dans les relations amicales, voire dans les interactions citoyennes (oui, même avec votre voisin qui tond sa pelouse à 8 h un dimanche matin).

Car au fond, qu’il s’agisse d’un désaccord stratégique en réunion ou d’une dispute sur la vaisselle non faite, le mécanisme émotionnel est le même : un besoin non entendu, une émotion mal exprimée, une demande déguisée en reproche.

La CNV ne résout pas tous les problèmes… mais elle transforme radicalement la façon dont on les aborde.


En quoi consiste les 4 piliers (OSBD) de la communication non violente ?

Avant d’aller dans les détails de chaque pilier, prenons un peu de recul. La CNV repose sur un mouvement double :

En quoi consiste les 4 piliers de la communication non violente.png
  1. S’exprimer avec honnêteté (sans blâmer ni manipuler)
  2. Accueillir avec empathie (sans juger ni conseiller prématurément)

Et ce double mouvement s’appuie sur quatre étapes précises, toujours dans le même ordre : Observation, Sentiments, Besoins, Demandes.

Pourquoi cet ordre ? Parce qu’il suit la logique naturelle de l’expérience humaine :

  • D’abord, quelque chose se produit (Observation).
  • Cela déclenche une réaction émotionnelle (Sentiments).
  • Cette émotion signale un besoin satisfait ou insatisfait (Besoins).
  • Enfin, on cherche une stratégie pour répondre à ce besoin (Demandes).

Pourtant, dans la communication courante, on saute souvent directement de l’observation au jugement :

« Tu es irresponsable »
« C’est toujours moi qui fais tout »
« Tu ne m’écoutes jamais »

Ces phrases, bien que familières, sont toxiques. Pourquoi ? Parce qu’elles mélangent faits, interprétations, émotions non nommées et exigences implicites. En fin de compte, l’autre se sent attaqué, se referme… et le problème initial reste entier.

La CNV, elle, propose une grammaire de la vulnérabilité constructive. Regardons de plus près chaque pilier.


Présentation des 4 piliers de la communication non violente

Présentation des 4 piliers de la communication non violente.png


1. Observation : décrire les faits, pas les interprétations

L’observation, en CNV, n’est pas ce que vous « voyez » subjectivement. C’est ce que n’importe quelle personne neutre constaterait dans la même situation. L’objectif est d’éviter de charger l’échange dès la première phrase avec des jugements déguisés en faits.

⚠️ Pièges courants :

  • Utiliser des généralisations : « Tu arrives toujours en retard »
  • Glisser des évaluations : « Tu as mal géré le projet »
  • Confondre comportement et intention : « Tu l’as fait exprès »

Bonne pratique :

Formulez comme si vous étiez un témoin extérieur ou une caméra. Restez dans le concret, le mesurable, le récent.

❌ « Tu ne fais jamais d’efforts en réunion. »
✅ « Lors des trois dernières réunions d’équipe, tu n’as pas pris la parole, même quand je t’ai posé une question directe. »

❌ « Tu es irrespectueux avec les clients. »
✅ « Ce matin, lors de l’appel avec le client X, tu as interrompu la conversation trois fois sans attendre qu’il ait fini sa phrase. »

Ce n’est pas une question de « politesse » : c’est une question de précision. Plus l’observation est neutre, plus l’autre pourra l’entendre sans se sentir attaqué,  et donc, plus vous aurez de chances d’être écouté.

2. Sentiments : nommer ce qui vibre en vous

Beaucoup de gens pensent exprimer un sentiment quand ils disent : « Je me sens mal compris », « Je me sens trahi », ou « Je me sens ignoré ». Or, ce ne sont pas des émotions, ce sont des interprétations de ce que l’autre aurait fait (ou pas fait).

En CNV, un véritable sentiment est une émotion pure : joie, peur, colère, tristesse, espoir, frustration, soulagement, etc.

Pourquoi c’est important ?

Nommer précisément ce que vous ressentez permet :

  • De vous reconnecter à vous-même (auto-empathie)
  • De rendre votre message plus humain et moins accusatoire
  • D’ouvrir la porte à l’empathie chez l’autre

💡 Astuce pratique :

Utilisez un vocabulaire émotionnel riche. Au lieu de « Je me sens mal », demandez-vous :

  • Est-ce que je suis déçu ? Anxieux ? Submergé ? Dévalorisé ? Soulagé ? Impuissant ?

❌ « Je me sens manipulé. »
✅ « Quand tu changes d’avis après avoir dit ‘oui’, je ressens de la confusion et de la frustration. »

❌ « Je me sens attaqué. »
✅ « Entendre ce ton sec m’a mis mal à l’aise, je me sens tendu et inquiet. »

Si vous avez du mal à identifier vos émotions, gardez une liste de sentiments à portée de main (nous en proposerons une en fin d’article !).

3. Besoins, qui est le cœur battant de la CNV

Ici, on touche à l’essence même de la méthode. En CNV, tous les sentiments découlent de besoins satisfaits ou insatisfaits. Et ces besoins ne sont pas des caprices : ce sont des aspirations humaines universelles, partagées par tous les êtres humains, quel que soit leur âge, leur culture ou leur poste.

Quelques exemples de besoins fondamentaux :

  • Sécurité ;
  • Autonomie ;
  • Considération ;
  • Clarté ;
  • Appartenance ;
  • Sens ;
  • Créativité ;
  • Repos ;
  • Intégrité.

🔍 Un point clé : besoin ≠ stratégie

Beaucoup confondent le besoin avec la stratégie (ou solution) pour y répondre.

❌ « J’ai besoin que tu répondes à mes emails dans l’heure. » → Ce n’est pas un besoin, c’est une stratégie.
✅ « J’ai besoin de sécurité et de clarté dans nos échanges. C’est pourquoi j’aimerais qu’on trouve un accord sur les délais de réponse. »

Identifier le vrai besoin derrière une réaction permet de sortir du duel (« Moi contre toi ») pour entrer dans la co-création (« Nous contre le problème »).

💡 Exercice rapide :

La prochaine fois que vous vous sentez en colère, frustré ou déçu, demandez-vous :

« Quel besoin en moi n’est pas respecté en ce moment ? »

Souvent, la réponse ouvre une porte vers une solution inattendue et plus durable.

4. Demandes : formuler pour inviter, pas pour exiger

La demande, en CNV, n’est pas une injonction. C’est une invitation claire, positive et réalisable à une action concrète avec la possibilité explicite de dire non.

Caractéristiques d’une bonne demande CNV :

  • Précise : elle décrit une action observable
  • Positive : elle dit ce que vous voulez, pas ce que vous ne voulez pas
  • Réalisable : elle est dans les capacités de l’autre
  • Libre : elle laisse de l’espace pour un refus respectueux

❌ « Arrête de me couper la parole. » (négatif, flou)
✅ « La prochaine fois que je parle en réunion, pourrais-tu attendre que j’aie fini ma phrase avant de réagir ? »

❌ « Sois plus présent. » (vague, interprétatif)
✅ « Serait-il possible qu’on se bloque 15 minutes tous les vendredis pour faire un point rapide ? »

Et si l’autre dit non ?

C’est là que la CNV brille vraiment. Un « non » n’est pas un rejet, mais une fenêtre vers un autre besoin. Plutôt que de réagir avec frustration, vous pouvez demander :

« J’entends ton ‘non’. Pourrais-tu me dire ce qui te pose problème avec cette proposition ? »

Ce simple geste transforme un mur en pont.


Quelles sont les deux méthodes de la CNV ?

La Communication Non Violente ne se résume pas à une formule magique à réciter en boucle. 

Quelles sont les deux méthodes de la CNV.png

Elle repose sur deux postures complémentaires, comme deux faces d’une même pièce :

  1. S’exprimer avec honnêteté (sans blâmer)
  2. Accueillir avec empathie (sans juger)

Beaucoup pensent que la CNV, c’est surtout « parler gentiment ». En réalité, écouter avec empathie est souvent plus transformateur et plus difficile que de bien s’exprimer. Voyons pourquoi, et surtout, comment.

S’exprimer avec sincérité : du “je” authentique

Quand vous utilisez la CNV pour vous exprimer, vous adoptez une posture de vulnérabilité assumée. Vous ne cherchez pas à gagner, à avoir raison, ou à faire plier l’autre. Vous cherchez à être entendu et à préserver la relation.

🔧 La structure : OSBD en action

Reprenons notre acronyme, mais cette fois en le mettant en musique :

« Quand je vois/entends [observation neutre],
je ressens [sentiment],
parce que j’ai besoin de [besoin universel].
Serait-il possible que [demande claire, positive, réalisable] ? »

Exemple en contexte pro :

« Quand je reçois un rapport à 18 h un vendredi soir [observation],
je me sens submergé et un peu frustré [sentiments],
parce que j’ai besoin de prévisibilité et de temps pour traiter les livrables [besoins].
Serait-il possible de convenir d’une heure limite hebdomadaire pour les envois, par exemple le jeudi à 16 h ? [demande] »

💬 Ton et posture

Ce n’est pas seulement ce que vous dites, mais comment vous le dites :

  • Parlez lentement, sans accusation dans la voix
  • Utilisez un « je » authentique (pas un « je » déguisé en « tu » : « Je me sens mal quand tu… » reste centré sur l’autre)
  • Restez ouvert à la réaction – vous ne lancez pas une bombe, vous tendez une main

❌ « Je me sens stressé quand tu changes les dates sans prévenir. » → Le « tu » est encore accusateur.
✅ « Quand les dates changent au dernier moment, je ressens du stress, parce que j’ai besoin de stabilité pour organiser mon travail. »

Accueillir avec empathie : écouter pour comprendre, pas pour répondre

Si s’exprimer demande du courage, écouter avec empathie demande de la discipline. Car notre premier réflexe, face à une émotion ou un conflit, est rarement d’écouter : c’est de rassurer, conseiller, corriger… ou fuir.

En CNV, l’empathie n’est pas de la compassion, ni de la solution immédiate. C’est la capacité à se brancher sur le vécu de l’autre, sans y mêler le sien.

🛠 Trois outils clés de l’écoute empathique :

  1. Le silence utile
    Parfois, ne rien dire, juste être présent, est le plus grand cadeau. Laissez l’autre finir sa pensée. Ne comblez pas le silence par peur du vide.
  2. La reformulation empathique
    Vous ne répétez pas les mots, vous devinez le sentiment et le besoin derrière :
    « Est-ce que tu te sens déçu, parce que tu avais besoin de reconnaissance pour ton travail ? »
    « Tu as l’air tendu… est-ce lié à un besoin de clarté sur les prochaines étapes ? »
    Attention : posez cela comme une question ouverte, pas une affirmation. L’autre doit pouvoir dire : « Non, ce n’est pas ça. »
  3. La validation émotionnelle
    Vous ne niez pas, ne minimisez pas, ne relativisez pas :
    ❌ « Ce n’est pas si grave… »
    ❌ « Tu verras, ça passera ! »
    ✅ « Ça a l’air vraiment difficile à vivre. »

💡 Un piège courant : l’empathie « en trompe-l’œil »

Méfiez-vous des phrases qui semblent empathiques mais recentrent sur vous :

« Moi aussi, j’ai vécu ça… » → C’est de la sympathie, pas de l’empathie.
« Tu devrais essayer ceci… » → C’est du conseil, pas de l’écoute.

L’empathie pure dit : « Je suis là, dans ton monde, pas dans le mien. »

Dialogue : D’un échange conflictuel à un échange connectant

Imaginons un conflit classique en entreprise : un collaborateur reproche à son manager de ne jamais valider ses propositions.

Version « classique » :

« Vous ne prenez jamais mes idées au sérieux. Je me donne du mal pour rien. »

→ Le manager se sent attaqué, se justifie et le dialogue se bloque.

Version CNV (s’exprimer + accueillir) :

Collaborateur (s’exprime) :

« Ces deux dernières semaines, j’ai envoyé trois propositions par email, et je n’ai eu aucun retour [observation].
Je me sens découragé et un peu invisible [sentiments],
parce que j’ai besoin de reconnaissance pour mon travail et de savoir si je suis sur la bonne voie [besoins].
Serait-il possible qu’on se fixe un créneau court chaque semaine pour faire un point sur mes livrables ? [demande] »

Manager (accueille avec empathie) :

« Si je comprends bien, tu te sens découragé parce que tu n’as pas de retour, et tu as besoin de reconnaissance et de clarté ? »

(Silence. Le collaborateur hoche la tête.)

« Merci de me le dire. J’étais effectivement débordé, mais ce n’est pas une excuse. Je peux t’accorder 10 minutes tous les mardis à 10 h. Est-ce que ça te conviendrait ? »

→ Le besoin est entendu, une solution concrète émerge, et la relation se renforce.

Il faut noter que la CNV n’efface pas les désaccords. Mais elle change la qualité de l’espace dans lequel ils sont traités. 


Demandes vs exigences : Comment respecter la liberté de l’autre ?

En Communication Non Violente, il existe une frontière subtile mais cruciale entre une demande et une exigence. Elle tient en une seule chose : la place laissée à l’autre pour dire “non”.

Une exigence est une injonction déguisée : elle suppose que l’autre doit obéir, sous peine de désapprobation, de colère, de retrait affectif ou de conséquences professionnelles implicites.

Une demande, au contraire, est une invitation ouverte, formulée avec la pleine conscience que l’autre est libre de refuser et que ce refus sera entendu comme une expression légitime de ses propres besoins.

Caractéristiques d’une demande CNV : spécifique, positive, réalisable

Pour qu’une demande soit réellement une demande (et non une exigence masquée), elle doit remplir trois critères :

  1. Spécifique : elle décrit une action concrète, observable, dans un cadre temporel clair.
  2. Positive : elle dit ce que vous souhaitez, pas ce que vous ne voulez pas.
  3. Réalisable : elle est dans les capacités réelles de l’autre – en temps, en compétences, en contexte.

❌ « Sois plus réactif. » → Vague, négatif, subjectif.
✅ « Pourrais-tu me renvoyer un retour écrit sur cette proposition d’ici jeudi midi ? » → Spécifique, positif, réalisable.

❌ « Arrête de m’envoyer des messages à 20 h. » → Négatif, imprécis.
✅ « Serait-il possible qu’on limite nos échanges professionnels à la journée de travail, disons jusqu’à 19 h ? » → Clair, respectueux, négociable.

L’objectif n’est pas de « faire comme si » on laissait le choix, mais de vraiment l’offrir et d’être prêt à entendre un refus sans basculer dans la frustration ou le jugement.

Que faire en cas de refus ? 

Le vrai test d’une demande CNV, ce n’est pas quand elle est acceptée, c’est quand elle est refusée.

Un refus n’est pas un échec. C’est une fenêtre précieuse sur les besoins de l’autre. En réagissant avec curiosité plutôt qu’avec déception, vous transformez un obstacle en opportunité de co-construction.

Étapes à suivre en cas de refus :

  1. Accueillir le “non” sans jugement
    « D’accord, merci de me le dire clairement. »
  2. Explorer les raisons derrière le refus (avec empathie)
    « Pourrais-je comprendre ce qui te rend cette demande difficile à accepter ? »
    « Est-ce qu’il y a un besoin en toi qui serait en tension avec ce que je propose ? »
  3. Négocier une alternative (si pertinent)
    « Si ce créneau ne te convient pas, y en aurait-il un autre qui fonctionnerait mieux pour toi ? »
    « Peut-on imaginer une autre façon de répondre à mon besoin de clarté, qui respecte aussi ton besoin de flexibilité ? »

Ce processus ne garantit pas toujours un accord immédiat, mais il préserve la relation, renforce la confiance et ouvre la voie à des solutions plus durables.

Pourquoi ça marche en entreprise ?

En effet, la liberté nourrit l’engagement. Quand un collaborateur sent qu’il a le droit de dire non et que ce non sera respecté, il est bien plus enclin à dire oui de manière authentique. Pas par peur, mais par volonté.

Et c’est exactement ce que cherche un bon manager : non pas des exécutants obéissants, mais des partenaires responsables, connectés à leurs propres choix.


Quelles sont les applications de la Communication Non Violente ?

La Communication Non Violente est un cadre adaptable, dont la puissance se révèle lorsqu’on l’ajuste au contexte, aux enjeux et aux relations en jeu. Voyons comment elle s’incarne concrètement dans quatre sphères clés : l’entreprise, la vie personnelle, l’éducation, et la médiation.

En entreprise et management 

Dans le monde professionnel, la CNV est un outil de performance relationnelle. Elle permet de désamorcer les tensions avant qu’elles ne deviennent toxiques, et de transformer les interactions en leviers de coopération.

  • Feedback :
    Au lieu de : « Ton intervention était confuse », essayez :
    « Quand j’ai entendu la présentation sans structure claire [observation], j’ai eu du mal à suivre [sentiment], car j’avais besoin de clarté pour contribuer [besoin]. Pourrais-tu la prochaine fois commencer par un plan rapide ? [demande] »
    Résultat : le collaborateur reçoit une piste d’amélioration sans se sentir attaqué.
  • Réunions :
    Introduisez un temps court en début de réunion pour permettre à chacun de partager un besoin ou une intention (ex. : « J’ai besoin de focus aujourd’hui » ou « Je viens avec une énergie un peu basse, mais je suis présent »). Cela crée un espace de sécurité psychologique – un ingrédient clé des équipes performantes.
  • Conflits d’équipe :
    En cas de tension entre collègues, proposez un temps de médiation court basé sur OSBD : chaque partie exprime son vécu sans interruption, puis reformule ce qu’elle a entendu chez l’autre. Souvent, le simple fait d’être écouté suffit à désamorcer 80 % du conflit.

En couple et famille 

Les émotions courent plus vite que la raison à la maison. La CNV offre un cadre simple pour sortir des boucles de reproches.

  • Éviter les généralisations :
    ❌ « Tu ne penses jamais à moi. »
    ✅ « Ce soir, quand tu es rentré sans me saluer, je me suis senti seul, parce que j’ai besoin de connexion. »
  • Créer un rituel de dialogue :
    Fixez un moment calme (pas en pleine dispute !) pour échanger selon le format OSBD. Par exemple, le dimanche soir, 10 minutes chacun pour partager : « Cette semaine, j’ai apprécié… », « J’ai ressenti de la tension quand… », « J’aurais aimé… »
  • Accueillir les émotions des enfants :
    Plutôt que « Arrête de pleurer, ce n’est pas grave ! », dites :
    « Tu as l’air très triste. Est-ce que tu avais besoin qu’on te laisse finir ton jeu ? »

La CNV en famille ne vise pas la perfection, mais la restauration du lien – même après une mauvaise journée.

En éducation 

Les enseignants sont en première ligne des relations humaines complexes. La CNV les aide à sortir du dualisme « autorité vs permissivité » pour incarner une autorité bienveillante.

  • Face à un élève disruptif :
    Au lieu de le réprimander publiquement (« Arrête de faire le clown ! »), demandez en aparté :
    « Quand tu parles fort pendant que je parle, je me sens frustré, car j’ai besoin de calme pour que tout le monde puisse apprendre. Qu’est-ce que tu avais besoin de dire à ce moment-là ? »
    Cela ouvre la porte à comprendre le besoin derrière le comportement (besoin d’attention ? d’être vu ? de se défouler ?).
  • Impliquer la classe dans les règles :
    Co-construisez les règles de classe autour de besoins universels :
    « Quels besoins avons-nous ici pour apprendre sereinement ? »
    Les élèves identifient souvent : respect, sécurité, écoute, équité… et deviennent alors co-responsables des règles.
  • Gérer les conflits entre élèves :
    Guidez-les à s’exprimer avec OSBD :
    « Qu’as-tu vu ? Ce que tu as ressenti ? Ce dont tu avais besoin ? Ce que tu aimerais maintenant ? »
    Cela développe non seulement la paix en classe, mais aussi l’intelligence émotionnelle – une compétence essentielle pour la vie.

Médiation et gestion de crises 

En situation de crise (conflit social, crise managériale, rupture relationnelle), les émotions sont à fleur de peau, les jugements omniprésents et la communication souvent rompue. C’est précisément là que la CNV devient un outil de médiation puissant.

  • Désamorcer l’escalade :
    Le médiateur utilise l’écoute empathique pour « vider le trop-plein émotionnel » de chaque partie, sans prendre parti. Il reformule les sentiments et besoins derrière les accusations.
  • Restaurer un langage commun :
    Quand les parties ne se parlent plus, le médiateur devient le « traducteur » :
    « Ce que j’entends chez Paul, c’est un besoin de reconnaissance pour ses efforts. »
    « Ce que j’entends chez Lucie, c’est un besoin de clarté sur les priorités. »
    Cela permet de sortir du « moi contre toi » pour entrer dans le « nous face au problème ».
  • Co-construire des accords durables :
    Les solutions émergent non pas de compromis douloureux, mais de besoins mutuellement respectés. Exemple :
    « Puisque tu as besoin de temps de préparation, et que moi j’ai besoin de réactivité, pourrions-nous convenir d’un créneau hebdomadaire pour les demandes urgentes ? »


Conclusion 

Au regard de ce qui précède, la Communication Non Violente est un outil pratique, structuré et profondément humain conçu pour transformer la qualité de nos échanges, qu’il s’agisse : 

  • De donner un feedback ;
  • De gérer un conflit d’équipe ;
  • De poser une limite ; 
  • Ou simplement de se reconnecter à soi-même en pleine tempête.

En entreprise, où la pression, les enjeux et les personnalités se croisent quotidiennement, la CNV offre un cadre clair pour désamorcer sans éviter, exprimer sans agresser, et écouter sans juger. 

Elle ne remplace pas les process, les objectifs ou la rigueur. Au contraire, elle les rend plus efficaces en consolidant le socle relationnel sur lequel toute performance collective repose.

Mieux vous pouvez compléter la communication non violente peut en entreprise par des programmes de reconnaissance et de récompense.

Perkflow par exemple vous permet d’automatiser et d’offrir des récompenses de manière proactive à vos collaborateurs. 

Écrit par Yetongnon
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