
Aujourd’hui, les fameuses hard skills ne suffisent plus à garantir la réussite professionnelle. Selon une étude du World Economic Forum (2023), plus de 70 % des recruteurs privilégient désormais les soft skills sur les qualifications purement techniques, notamment la capacité à collaborer, à s’adapter, à résoudre des conflits… et à s’affirmer avec respect.
Parmi ces compétences comportementales, l’assertivité se démarque comme un pilier fondamental tant pour la performance individuelle que collective.
Mais alors, pourquoi l’assertivité est-elle devenue indispensable et non plus optionnelle dans l’entreprise moderne ? Pourquoi ce n’est plus seulement une « qualité agréable à avoir », mais une compétence stratégique, cruciale pour la résilience organisationnelle ?
À travers cet article, découvrez ce qu’est réellement l’assertivité : ses principes, ses bénéfices concrets pour les collaborateurs et les organisations, et surtout, comment la développer au quotidien.
Souvent mal comprise, voire confondue avec de l’agressivité ou de la simple franchise, l’assertivité est en réalité une posture de communication équilibrée, où l’individu exprime clairement ses pensées, besoins et limites, sans chercher à dominer ni à se soumettre.

Elle repose sur un principe simple, mais puissant : on peut être à la fois honnête avec soi-même et respectueux des autres.
L’assertivité ne consiste pas à « dire tout ce qu’on pense » de manière brute, ni à rester silencieux pour « faire la paix ». C’est un juste milieu conscient entre deux extrêmes :
L’assertivité, elle, affirme : « Je compte, et tu comptes aussi. » C’est une reconnaissance mutuelle de la dignité humaine dans l’interaction professionnelle.
Pour qu’une communication soit véritablement assertive, elle doit reposer sur trois fondations indissociables :
L’entreprise est aujourd’hui caractérisée par la culture du « toujours plus » et de ce fait, beaucoup de collaborateurs ont appris à réprimer leurs limites, leurs doutes ou leurs désaccords.
Or, le respect de soi passe par la capacité à reconnaître ce qui nous affecte, que ce soit :
Par exemple, au lieu de penser : « Je ne devrais pas me plaindre, d’autres ont pire », un collaborateur assertif dira : « Je me sens débordé par cette nouvelle mission, surtout avec le délai actuel. Pouvons-nous en rediscuter la faisabilité ensemble ? »
Cela n’est ni une plainte, ni une résistance : c’est une prise de responsabilité active.
L’assertivité n’autorise pas la brutalité. Dire ce qu’on pense ne signifie pas imposer sa vérité, humilier, ou couper la parole. Le respect de l’autre implique :
Un manager assertif ne dira pas : « Tu n’as encore rien livré ? » qui a l’ère plutôt agressive, ni « Ce n’est pas grave, je me débrouillerai » qui semble plus passif, mais : « J’avais besoin du rapport hier. Je comprends que tu aies eu des imprévus. Pour éviter ce décalage la prochaine fois, pourrais-tu m’alerter plus tôt si un délai devient risqué ? »
Enfin, l’assertivité exige de ne pas se mentir à soi-même. Cela signifie reconnaître ses émotions, ses intentions réelles, et ses limites sans les dissimuler derrière des formulations vagues ou des justifications artificielles.
L’honnêteté intellectuelle implique aussi de distinguer les faits des interprétations. Plutôt que de dire : « Tu ignores toujours mes messages » (jugement), on affirmera : « J’ai envoyé trois e-mails la semaine dernière, et je n’ai pas eu de réponse. Est-ce que quelque chose t’a empêché d’y répondre ? »
Cette clarté évite les projections, les rancœurs et les escalades inutiles.
Pour maîtriser l’assertivité, il est essentiel de comprendre le spectre complet des postures relationnelles : passivité, agressivité, passivité-agressivité et assertivité.
Chacune de ces attitudes produit des conséquences bien réelles, tant sur le plan individuel que collectif. En les identifiant clairement, on peut enfin choisir consciemment celle qui sert notre efficacité, notre bien-être et celui de notre équipe.
La passivité se caractérise par la répression systématique de ses besoins, opinions ou émotions au nom de la paix, de la politesse ou de la peur du conflit.
Pourtant, derrière cette apparente docilité se cache une détérioration silencieuse. Le collaborateur passif accumule frustrations, ressentiments et stress. Il ne s’exprime pas, mais son corps parle à sa place à travers les insomnies, l’anxiété, la perte de motivation, voire le burn-out.
À l’opposé, l’agressivité consiste à imposer ses besoins au détriment de ceux des autres. Elle se manifeste par des critiques acerbes, des ordres péremptoires, un ton condescendant, ou une tendance à couper la parole. L’agressif cherche souvent à contrôler l’environnement par la peur, car il perçoit toute divergence comme une menace.
Dans le monde de l’entreprise, cette posture peut sembler efficace à court terme « au moins, les choses avancent », mais elle empoisonne durablement le climat de travail.
Les collaborateurs deviennent craintifs, réticents à proposer des idées, et préfèrent cacher les erreurs plutôt que de les signaler. La peur étouffe l’innovation, la transparence et la collaboration.
Entre la passivité et l’agressivité se niche une posture particulièrement insidieuse : la passivité-agressivité.
Ici, la personne nie ouvertement tout conflit (« Moi ? Je n’ai rien contre toi ! »), mais exprime son ressentiment de manière détournée avec du sarcasme, des retards volontaires, des oublis « involontaires », des rumeurs, ou encore de fausses promesses.
Cette posture est particulièrement toxique, car elle rend le conflit invisible et inabordable. On ne peut pas discuter avec quelqu’un qui nie tout problème.
L’assertivité, quant à elle, refuse ces extrêmes. Elle propose une troisième voie qui est celle de la clarté respectueuse. L’individu assertif exprime ses besoins, ses limites ou ses désaccords sans attaquer, sans fuir, et sans manipuler. Il assume ses émotions, tout en reconnaissant la légitimité de celles de l’autre.
Il fut un temps où réussir en entreprise signifiait avant tout obéir, exécuter et ne pas « faire d’histoires ». La hiérarchie était claire, les rôles bien définis, et la communication descendante.

Aujourd’hui, ce modèle est en pleine mutation voire en déroute. En effet, l’assertivité s’impose aujourd’hui non comme une option, mais comme une compétence fondamentale, voire vitale.
Elle est devenue le socle invisible de la collaboration, le bouclier contre l’épuisement et le catalyseur de la performance collective, notamment à cause de :
Le télétravail, l’hybridation, les délais serrés, les réunions interminables, la sollicitation constante par les outils numériques… Le quotidien professionnel contemporain exige une capacité sans cesse renouvelée à s’organiser, à prioriser et à communiquer de manière autonome.
Lorsqu’on travaille à distance, on ne peut plus compter sur les regards en coin, les conversations informelles ou les ajustements en temps réel pour clarifier une demande ou signaler une surcharge.
Si l’on ne s’affirme pas clairement par écrit ou à l’oral, on risque de :
Autre changement structurel : la dissolution progressive des pyramides hiérarchiques rigides. En effet, les organisations modernes fonctionnent de plus en plus en mode projet, matriciel ou agile, où les équipes sont transversales, les rôles fluides et l’autorité souvent fonctionnelle plutôt que statutaire.
Selon les recherches de Google (Projet Aristotle) et de nombreuses études en psychologie organisationnelle, la sécurité psychologique, c’est-à-dire la capacité à s’exprimer sans crainte de ridicule, de punition ou de rejet est le facteur n°1 de performance collective.
Or, cette sécurité ne tombe pas du ciel. Elle se construit quand chacun ose dire ce qu’il pense, et surtout, quand les signaux d’alerte sont entendus.
L’assertivité est ici un mécanisme de régulation essentiel, car elle permet à un collaborateur de signaler un comportement inapproprié, une charge excessive, ou une injustice avant qu’elle ne devienne un traumatisme.
Pour le collaborateur, la maîtrise de cette compétence se traduit par des avantages tangibles, mesurables et durables tant sur le plan émotionnel que stratégique.
Contrairement aux idées reçues, s’affirmer avec respect n’est pas un risque ; c’est un investissement qui paye à court, moyen et long terme.
Quatre bénéfices majeurs émergent clairement : la réduction du stress, le renforcement de la crédibilité, une meilleure maîtrise de sa charge de travail, et une accélération potentielle de son parcours professionnel.
L’un des effets les plus immédiats de l’assertivité est la libération psychique. Lorsqu’on garde pour soi des désaccords, des incompréhensions ou des injustices perçues, le cerveau entre en boucle.
On ressasse, on anticipe, on imagine le pire. Cette rumination mentale alimente l’anxiété, perturbe le sommeil et érode la concentration.
À l’inverse, exprimer clairement ce qui pose problème interrompt ce cycle. Même si la situation ne change pas immédiatement, le simple fait d’avoir dit les choses avec respect et précision procure un sentiment de contrôle et de dignité. On n’est plus victime passive ; on devient acteur de la relation.
L’assertivité construit la crédibilité, car elle manifeste trois qualités rares, à savoir : le courage, la cohérence et l’intégrité.
Contrairement aux reproches vagues (« Tu pourrais être plus réactif ») ou aux plaintes indirectes (« Certains ne font jamais d’efforts… »), une formulation assertive utilise le « je » comme ancrage :
Cette posture désamorce la défensive chez l’interlocuteur (car il n’est pas accusé) tout en montrant que l’on assume ses émotions et ses besoins. Cela instaure une relation adulte-à-adulte, où chacun est responsable de ses actes.
Au fil du temps, les collègues et managers perçoivent la personne assertive comme :
C’est cette réputation qui ouvre les portes des projets stratégiques, des responsabilités accrues et des discussions de fond.
L’un des pièges les plus courants en entreprise est l’incapacité à refuser, par peur d’être perçu comme peu coopératif, peu engagé, ou peu compétent.
Pourtant, dire « oui » à tout, c’est :
L’assertivité permet de dire « non » sans dire « non » ou du moins, de refuser la demande telle qu’elle est formulée, tout en restant ouvert à une collaboration adaptée.
Les organisations ne promeuvent plus seulement les meilleurs techniciens, mais ceux qui savent porter la parole, incarner des valeurs et fédérer sans autorité formelle.
Un collaborateur assertif est naturellement perçu comme un leader en puissance, même sans titre. Pourquoi ? Parce qu’il :
Les managers le savent : un bon leader n’est pas celui qui obéit, mais celui qui sait poser les bonnes questions, défendre les intérêts du collectif, et s’affirmer avec intégrité.
Si l’assertivité transforme profondément l’expérience individuelle au travail, son influence ne s’arrête pas là. Elle agit comme un catalyseur systémique, capable d’améliorer la communication, d’affûter la prise de décision, de renforcer la cohésion d’équipe et de redéfinir le leadership.
Combien de temps perdez-vous chaque semaine à décrypter des messages ambigus, à relancer des demandes floues, ou à participer à des échanges par e-mail qui tournent en boucle ?
Dans de trop nombreuses entreprises, la communication souffre d’un excès de politesse formelle, de formulations vagues ou de non-dits stratégiques.
En fin de compte, des malentendus coûteux, des retards inutiles et une perte massive de productivité.
L’assertivité change la donne. En encourageant une expression claire, directe et respectueuse, elle permet de :
« Le silence tue » : cette formule, popularisée par les enquêtes post-accidents industriels, s’applique aussi au monde de l’entreprise. Les pires décisions ne sont pas celles prises dans l’erreur, mais celles prises dans l’ignorance parce que personne n’a osé dire la vérité.
Dans les organisations hiérarchiques ou culturellement rigides, les collaborateurs craignent souvent de contredire leurs supérieurs. De ce fait, les dirigeants prennent des décisions basées sur une réalité filtrée, voire embellie.
Beaucoup pensent que l’absence de conflit signe une bonne entente. Pourtant, le vrai danger n’est pas le désaccord, mais l’accumulation non exprimée de frustrations.
Dans les équipes passives ou passives-agressives, les tensions couvent sous la surface, se manifestant par des micro-sabotages, des rumeurs ou un désengagement silencieux.
À l’inverse, l’assertivité désamorce les conflits toxiques en les rendant visibles, nommables et résolubles.
Lorsque les membres d’une équipe savent s’exprimer avec respect « Je me sens exclu quand les décisions sont prises en dehors des réunions » plutôt que « Vous faites toujours ce que vous voulez ! », le conflit devient sain, constructif, voire fécond.
Effets observés dans les équipes assertives :
L’impact de l’assertivité est particulièrement puissant lorsqu’elle est incarnée par les managers.
Le leader moderne ne doit plus être ni le « chef autoritaire » ni le « gentil copain » qui évite les tensions. Il doit incarner le « Leader Servant assertif » : celui qui guide avec clarté, protège avec fermeté, et écoute avec authenticité.
Un manager assertif :
Ce style de management crée un climat de sécurité psychologique, où les collaborateurs osent innover, signaler les erreurs, et prendre des initiatives. Et contrairement à ce que craignent certains, l’assertivité ne fragilise pas l'autorité, elle la légitime.
L’assertivité ne se décrète pas, elle se construit. Si elle peut sembler naturelle chez certaines personnes, elle repose en réalité sur des habitudes verbales, cognitives et comportementales que tout le monde peut apprendre.
Voici un guide pratique, étape par étape, pour transformer vos interactions professionnelles sans tomber dans la confrontation ni sacrifier vos besoins.
La première clé de l’assertivité réside dans le choix des mots. Une phrase comme « Tu m’énerves quand tu arrives en retard ! » place l’interlocuteur en position de coupable. Résultat ? Défensive immédiate, justification ou rejet.
L’assertivité préfère le langage en « je », qui exprime une expérience personnelle sans juger l’autre :
➤ Au lieu de : « Tu ne m’écoutes jamais. »
➤ Dites : « Je me sens ignoré quand je parle et qu’on m’interrompt. »
➤ Au lieu de : « Tu fais toujours des erreurs. »
➤ Dites : « Je suis inquiet quand je vois des incohérences dans le rapport, car cela peut impacter notre crédibilité. »
Ce simple changement de formulation désamorce l’agressivité perçue, tout en clarifiant l’impact réel du comportement. Il affirme aussi un droit fondamental : celui d’avoir des émotions légitimes.
Autres tournures utiles :
Ces formulations ne minimisent pas votre position, elles la rendent plus audible.
Développée par Marshall Rosenberg, la Communication Non-Violente (CNV) est l’un des cadres les plus puissants pour cultiver l’assertivité.
Elle repose sur quatre étapes simples, mais profondes :
Autre outil redoutablement efficace : la méthode DESC, particulièrement utile pour les feedbacks, les demandes ou les désaccords professionnels.
Cette structure évite les reproches flous, tout en ouvrant la voie à une amélioration réelle.
Dire « non » n’est pas refusé de collaborer, c’est plutôt choisir intelligemment où investir son énergie. Voici des formules types, professionnelles et assertives :
Face à quelqu’un qui insiste, répète ou tente de vous manipuler (« Allez, juste une petite chose en plus ! »), la technique du disque rayé consiste à répéter calmement votre message, sans entrer dans un débat.
« Je comprends que c’est important, mais je ne peux pas le faire cette semaine. »
(L’autre insiste) → « Je sais que tu comptes sur moi, mais je ne peux pas le faire cette semaine. »
(Encore) → « Je suis désolé, mais je ne peux pas le faire cette semaine. »
Cette répétition déstructure la tentative de pression, car elle refuse le jeu de la négociation émotionnelle. Elle montre que vous êtes ferme, mais pas hostile.
L’assertivité repose aussi sur une conviction profonde : vous avez des droits légitimes au travail. Les rappeler mentalement (ou verbalement) renforce votre posture.
Parmi ces droits fondamentaux :
Se répéter : « J’ai le droit de poser cette question » ou « J’ai le droit de ne pas être d’accord » suffit souvent à apaiser l’anxiété et à redonner de la force à sa voix.
Enfin, l’assertivité ne se joue pas seulement dans les mots, mais dans le corps. Un message verbal affirmé avec une voix tremblante, les yeux baissés ou les bras croisés perd de sa crédibilité.
Voici les signaux d’un langage corporel assertif :
Somme toute, l’assertivité est la réponse concrète, humaine et efficace aux défis les plus pressants du monde du travail contemporain, notamment : la surcharge cognitive, l’isolement relationnel, la peur du conflit, l’effritement des hiérarchies et la montée en puissance de la santé psychologique comme indicateur de performance.
À travers cet article, nous avons vu que l’assertivité repose sur un équilibre subtil, mais puissant : oser être soi, sans effacer l’autre. Elle permet au collaborateur de protéger son énergie, d’accroître sa crédibilité et d’ouvrir des portes professionnelles.
Elle permet à l’équipe de communiquer avec clarté, de résoudre les tensions avant qu’elles ne deviennent toxiques, et de prendre des décisions fondées sur la réalité, non sur le silence.
Mais surtout, l’assertivité redonne du sens au travail. Elle rappelle que l’entreprise n’est pas seulement un lieu de production, mais un espace relationnel, où chaque interaction compte.
Retenons que l’assertivité est l'un des comportements qui font avancer votre entreprise. Pour booster la performance de votre équipe, vous pouvez mettre en place un programme de reconnaissance et valoriser le travail de vos collaborateurs.
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